Némésis

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NEMESIS de l’irresponsabilité de l’Homme et de ses autres péchés. 2020 et 2021 resteront à jamais gravées dans la mémoire collective de l’humanité comme des années de restrictions et de privations de liberté. Face à la pandémie de la tristement célèbre COVID-19, les gouvernements du monde entier ont dû faire face à une gestion de crise sanitaire sans précédent. L’histoire de l’Homme a pourtant été pavée de pandémies bien plus importantes. La peste noire du XIVe siècle, première variante H1N1, forte de 75 millions de morts et la grippe espagnole de 1918 récemment réévaluée à près de 100 millions de morts en tête de ce triste classement. Peste, lèpre, choléra, fièvre jaune, malaria, variole, tuberculose, typhoïde, leur simple évocation continue de faire froid dans le dos. Désormais, les grands fléaux ont été éradiqués de la surface de la Terre mais de nouveaux venus tout aussi mortifères apparaissent : encéphalopathie spongiforme bovine, grippe porcine H1N2, grippes aviaires H5N2 et H5N8… jusqu’au tout dernier SARS-CoV-2, responsable de la COVID-19. Puce, moustique, rat, singe, vache, oiseau et plus récemment chauve-souris et pangolin, toutes les pandémies semblent provenir de pathogènes d’origine animale. Au début des années 2000, une nouvelle maladie émergente est découverte tous les 14 à 16 mois, contre une tous les 10 à 15 ans dans les années 1970. On estime à 1,7 million le nombre de virus non découverts actuellement présents dans les mammifères et les oiseaux dont 827000 pourraient avoir la capacité d’infecter les êtres humains. Aujourd’hui pourtant, vu les progrès de la médecine, de l’hygiène et de la veille sanitaire constante, bon nombre d’entre-elles pourraient être évitées si l’humanité faisait preuve d’humilité, de bienveillance et de respect à l’égard du monde animal et végétal. La sixième extinction de masse s’accélère et met en péril la survie de l’humanité par l’effondrement exponentiel de la biodiversité. Des marchés chinois d’animaux sauvages à l’élevage industriel aux pratiques non vertueuses les nouveaux coupables sont vite désignés mais réguler une industrie officielle qui génère des centaines de milliards d’euros par an et fait vivre des millions de personnes à travers le monde reste un défi majeur à relever pour les années à venir. Pesticide et OGM en Amérique et en Chine, déforestation paroxysmique au Brésil, continent plastique grand comme trois fois la France en plein Pacifique, élevage intensif en Europe… aucun territoire n’est épargné par la folie humaine. L’Homme est désormais au bord du gouffre qu’il a lui-même creusé sans relâche depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Démuni de tout, dans l’environnement dystopique qu’il a lui-même créé, il se retrouve seul, tel Hamlet tenant le crâne du bouffon Yorick, face aux espèces animales qu’il a décimées ou dénaturées. De ces funestes conditions quel héritage laisser aux générations futures ? Reste à espérer que l’humanité trouvera son salut dans l’analyse de ses responsabilités passées et que l’épisode COVID-19 marquera le début d’une ère nouvelle, celle d’une résilience salutaire, d’une prise de conscience collective et d’un changement profond de paradigme.